Secret Girls sort son nouvel EP « OVER »

Un nom mystérieux, une fille dans un couloir sombre ; imagerie digne d’un film d’horreur… Pas de doute, la date du 31 octobre est bien choisie pour sortir leur nouvel EP : OVER. Secret Girls, trio rouennais, publie donc quatre nouveaux morceaux en cette veille de Toussaint. Leur objectif n’est pas tellement d’apaiser les esprits, mais plutôt de les réveiller, un peu à la manière de votre voisin du dessus et de ses potes qui sprintent et sautent à pieds joints sur le sol de l’appart, et déplacent des meubles en métal en les faisant bien grincer sur le parquet déjà abîmé.

L’EP débute par Stager, des riffs et une batterie qui martèlent le même motif, une voix saturée, puis la guitare qui est frappée d’accords qui rappellent un peu le Queens of the Stone Age des débuts, un mélange de stoner et de noise. Ça tape fort, clairement on cherche à détruire quelque chose ou à se défouler. Mais ?! Hey, regarde dans le coin du plafond !! C’était pas le voisin, il y a un fantôme qui essaie de nous dire quelque chose. Il grince comme de la tôle. Et les gars de Secret Girls lui hurlent dessus en tapant sur des bouts d’acier. Est-ce que c’est vraiment une bonne idée de menacer un esprit et de lui gueuler dessus comme ça à la fin de votre titre Witch Level 1 ? Bon, le résultat en forme de chaos industriel est assez stylé, et il semblerait que Casper ait maintenant décampé. Sur Processions, c’est la ligne de basse qui mène la danse, suivie de près par la batterie agrémentée de tôle, pour un son bien sec et métallique. Le morceau navigue entre une guitare déglinguée et des moments planants, pour un résultat assez psychédélique.

Et puis… On entend des bruits… Des sons électroniques venus d’ailleurs… Une basse et des effets de pédale. Beaucoup d’effets de pédale. Ça résonne et ça tourbillonne. Il y a comme une recherche d’équilibre sur ce Balancing Act de huit minutes, tout en progression et en tension, prêt à exploser à tout moment, illustrant la perte d’énergie et de repères face à l’instabilité. Une instabilité qui est ici murmurée, parmi des instants gras et lourds, d’autres plus légers, des moments plus proches d’un rock garage, des chœurs inquiétants… Le long final gagne en intensité, sans jamais exploser, nous gardant sur le fil, en apnée, avant de redescendre lentement et de s’achever. Un final à l’effet de transe qui clôt cet excellent EP. Over.