Caïman – Le Périscope – 31.10.25 © Fantin Curtet
La nuit est extrêmement douce en ce soir d’Halloween. Vers 20h30, les rues et les transports sont assez calmes et ordinaires, à l’exception d’un tram avec un groupe de zombies russes. Arrivée au Périscope, il y a déjà du monde. On retrouve des visages familiers, des personnes que l’on croise à chaque concert de rock en terres lyonnaises, des fans de musique et des artistes de la scène musicale lyonnaise, toutes et tous venus assister à cette Release Party de Dreamcore, sorti le jour-même. Au programme : Gaouta, Caïman, puis Lia Lux aux platines en after pour les plus motivé(e)s ! Dans la première salle, on y trouve le bar, une scène désormais utilisée comme coin pour se poser avec ses ami(e)s, et un espace servant de hall, dont un coin pour le merch, principalement fait main ce soir ! Des portes battantes mènent à la « vraie » scène… Il y a, juste à côté, un panneau sombre avec un symbole étrange accroché au mur, une sorte de comète avec une drôle de spirale.
Une fois que le signal est donné pour nous informer que la fête commence, la salle se remplit assez vite pour accueillir Gaouta, artiste marocaine présente sur quelques dates de cette tournée de lancement de l’album par Caïman. Gaouta est seule en scène et nous envoie un mélange de cold-wave et de « bedroom punk » chantés en darija, plutôt calme au début, alternant avec des titres plus rythmés dont l’amusant Transport contant ses mésaventures dans le métro parisien, et un très joli morceau mélancolique où l’on entend la voix du musicien palestinien Nader. Naviguant entre percussion électronique, batterie et des castagnettes métalliques, Gaouta chauffe efficacement la salle et termine son show dans une explosion de synthé et de percussions électroniques. Le public est conquis, y compris le fantôme à casquette présent ce soir, qui a ambiancé tout le premier rang.



Gaouta – Le Périscope – 31.10.25 © Fantin Curtet
Ambiance enthousiaste et chill après cette première partie, toutes les personnes croisées expriment leur joie d’avoir découvert Gaouta. Vers 22h, c’est parti pour Caïman, le cœur de la Release Party de Dreamcore, bien mis en valeur par un très grand panneau en fond de scène : on y voit des symboles mystiques phosphorescents : une serrure avec une spirale, des étoiles, un cœur orné d’un œil, au centre d’un Soleil posé sur une Lune, des yeux, des étoiles enflammées…
Alors, Caïman fait son entrée, accompagnée de Tommy Rizzitelli à la batterie et Clément Soto à la basse et à la seconde guitare. Chloé Serme-Morin prend son temps pour expliquer l’importance et la profondeur de ce nouveau projet et de cette release party de Dreamcore, fruit d’un travail de préparation d’un an. Elle rend également hommage aux personnes qui lui sont chères, et remercie ses proches et certain(e)s artistes sans qui elle estime qu’elle n’aurait pas parcouru tout ce chemin en tant que musicienne professionnelle. Caïman démarre son set par le tout doux et sensuel rouler-couler. Les riffs de guitare délicats se perdent dans des boucles de synthétiseur mystérieuses… Visiblement émue, Chloé s’empare de ses émotions et assume sa vulnérabilité, que l’on sent poindre dans sa voix, ajoutant une dimension toute particulière à certains morceaux comme dreams are ways to see dead people again, envoûtant toute la salle : une harmonie se crée entre les musiciens et le public. La magie opère : nous sommes dans une bulle à la fois déconnectée du temps, mais où chaque personne est connectée dans son humanité. Ce soir, les vibrations sont fortes. Caïman joue l’ensemble de Dreamcore, mais aussi des morceaux antérieurs, tels que La maison, évoquant les adieux à une maison d’enfance, et, issu de son album précédent A la lueur, Chloé joue en solo Météores. Le public se tait.
Qui dit fête dit « invité(e)s », alors Sabrina Duval (Irnini Mons) se joint à la basse et Melba au chant, ce soir elfe des forêts, pour jouer le très beau titre Saison des pluies. Claire Days monte également sur scène quelques chansons plus tard pour reprendre en duo avec Chloé le fameux Mr Brightside de The Killers, en version ballade folk et harmonies. Juste après, nous avons droit à une version étirée de grand 8 qui se finit dans une explosion shoegaze avec Chloé et Clément assurant le show côte à côte, accompagnés par cette boucle de synthétiseur cosmique et addictive. Après des chansons telles que roya en hommage aux actions solidaires face aux injustices, la soirée se termine, avant un rappel, par le morceau nocturne et ses sorcières, hymne à la résistance féministe sous un angle spirituel. La fin de la soirée se fait sous de longs remerciements, que le public écoute avec attention, un peu sonné par les ondes transmises durant cette soirée entre rêve et résistance, émotions et discours pour plus d’humanité.



Caïman – Le Périscope – 31.10.25 © Fantin Curtet

