© Tara OZEM – Luje
A l’occasion de la sortie de son superbe nouvel album Among The Firs, Luje se produit en ce premier jour de froid hivernal dans la petite salle du Périscope pour sa release party. Nous ne sommes pas dans un refuge de montagne au milieu des sapins, pourtant l’ambiance y est chaleureuse, et le mélange de froideur et de réconfort présents dans la musique de Luje s’apprête à emporter le public.
En première partie, Luje a invité Montañita, groupe dream-pop de Clermont-Ferrand, à débuter la soirée dans un univers fait de synthétiseurs et d’harmonies vocales entre la chanteuse-claviériste et le chanteur-bassiste. Le groupe en profite pour jouer en intégralité son premier album Dummy Light in the Chaos, sorti il y a un peu plus d’un an. Les musiciens ont débuté par les deux mêmes titres d’ouverture que sur le disque, avec les doux We’ll Be Bound et Maybe Not. Le public, immédiatement attentif, plongé dans une ambiance rêveuse similaire à l’écoute de la musique de Luje, est bien vite conquis lorsque les mélodies et la musique se font plus énergiques et rythmées, avec les paysages sonores très plaisants de Rest My Head et Hey Goodie Wendie!. Le très beau titre lumineux et réfoncortant Medusa clôt leur set, avant de laisser la place à Luje.
Après un petit tour dans le hall convivial du Périscope, entre bières et conversations détendues, il est temps de retourner devant la scène afin de retrouver nos rois du shoegaze lyonnais pour célébrer la sortie de leur nouvel album, qui est un coup de cœur. Luje nous fait glisser immédiatement entre les sapins en débutant le set par leur titre fleuve All The Same, son martèlement de batterie entêtant et son mur du son empli de lumière, la voix lointaine noyée de réverb’ de Kévin Lafort. Aucun bruit dans la fosse. On en oublie même de respirer, suspendu(e)s à chaque instrument, chaque texture de guitare brute, et de douces nappes du clavier de Théo Das Neves, jusqu’à l’explosion finale. On pourrait dire que ce morceau en lui-même représente parfaitement le son du groupe et l’étendue de ce que Luje vaut en live… Et pourtant, le concert ne fait que commencer. Ce soir, chaque titre sera une exploration dans laquelle on se plongera volontiers tête la première. Chaque morceau nous fait lâcher prise : tout autant par des moments planants qui nous enferment dans une bulle loin du monde et de considérations terre à terre (89 et Don’t go, malgré leurs thèmes) que lors de déflagrations de guitares et de synthétiseurs (tels qu’avec Yeah et Too Cold), moments propice pour se libérer des tensions.
© Intidote – Kévin Lafort de Luje – Le Périscope, 19.11.2025

Si les musiciens jouent ce soir pratiquement tout leur nouveau disque pour notre plus grand plaisir, ils en profitent pour faire un petit détour par leur premier album (Raving Track) sorti en 2023, avec Italia et ses airs de Tame Impala, puis le joyeux Motorik Drumming & Sizzling Landscape et ses touches de new wave rêveuses qui explose dans une avalanche de guitares et de batterie pour le moment le plus rock et libérateur du show. Luje se retire alors sous les cris et applaudissements d’un public heureux, avant de revenir pour achever la soirée en nous faisant danser avec les irrésistibles accords de clavier de Fences. Luje est actuellement en tournée en France, et bientôt en Belgique et en Allemagne.

