Tramhaus au Club Transbo le 02.06.25

Tramhaus au Club Transbo – © Christine Pitt

Chers Tramhaus,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser de la part de tous les lyonnais absents à votre concert ce lundi 2 juin. Le hasard du calendrier a fait que vous êtes venus non seulement un lundi soir, reprise de boulot, mais SURTOUT après cinq nuits de festival électro (les Nuits Sonores !). La fosse était donc étrangement clairsemée malgré la qualité de votre musique et de vos performances scéniques réputées.

Celles et ceux qui ne vous connaissaient pas encore il y a deux ou trois ans, à l’époque de vos singles et de l’EP Rotterdam, se sont pris une claque massive à la sortie de votre premier album, The First Exit, en septembre dernier. Un magnifique disque brut, mélange post-punk et garage, deux guitares acérées aux riffs puissants, ou dialoguant de manière plus subtile, une ligne de basse redoutable, le tout surmonté d’un chant bien énervé.

Coup de cœur immédiat.

Alors, ce lundi soir, les absents ont eu terriblement tort : malgré un public épars, aucun malaise : vous avez envoyé du gros son avec une sacrée énergie et joie de vivre, sincèrement heureux et reconnaissants d’être là avec nous, les gens du public… Celles et ceux qui ont dormi la semaine précédente, mais aussi les courageux et courageuses qui sont venus vous voir après les Nuits Sonores.

Nadya van Osnabrugge – © Christine Pitt

Cher(e) lecteur / lectrice,

Ce soir, l’alchimie des cinq musiciens venus des Pays-Bas était belle à voir : des sourires complices, des éclats de rire, une envie de jouer et de profiter indéniables.

Et la setlist ? Plutôt progressive, débutant par Once Again, Semiotics ainsi que I Don’t Sweat pour nous mettre en jambes. A ce moment-là, on ne transpirait pas encore. Enfin, Lukas Jansen, leader bourré d’énergie et de mouvements frénétiques, suait déjà, lui. Bonds de géant sur scène, déhanchés, kicks et coups de poings dans les airs, est-ce pour cette raison que le premier rang était légèrement en retrait de la scène (à part les photographes et la rédactrice de cette article) ? Les lyonnais étaient fatigués ce soir on vous dit. Si A Necessity et le tube plein d’ironie Make It Happen ont fait bouger quelques têtes, il a fallu attendre le tout puissant The Cause pour que la fosse se réveille un peu et pogote. Quand-même, ce bijou post-punk bien énervé est idéal pour hurler ses frustrations et se décharger.

La montée en intensité du show est telle que le passage du temps semble se modifier : il n’est pas si tard quand le concert se termine, et pourtant on est rassasié par cette belle performance. Et pour cause, le groupe a enchaîné seize morceaux sans niaiser. L’entièreté de The First Exit a été jouée, entrecoupée de singles puissants tels que Amour Amour et Karen is a Punk. Le titre grunge Worthwhile a été bien mis en valeur avec sa guitare hypnotique. Que dire du final ? Un magistral Minus Twenty se terminant dans un chaos maîtrisé au milieu des cris de la bassiste Julia Vroegh, et l’explosif Ffleur Hari qui clôt brutalement le concert. Ou comment nous donner envie de revoir Tramhaus le plus vite possible !

Tramhaus – © Christine Pitt