Send Me Love Letters, Radiant-Bellevue, 04.05.26 © Méline Lutringer-Camier
En un humide soir de début de semaine dans la salle reculée du Radiant-Bellevue, on aurait pu s’attendre à un concert en petit comité ce 4 mai. Pourtant, en arrivant sur les lieux, le public était bien au rendez-vous, dans une salle quasiment pleine. Même si elle n’était pas tout à fait complète, elle débordait de passionné(e)s et de leur énergie, toutes et tous impatient(e)s de voir leurs groupes locaux favoris monter sur scène. Pour cette soirée (presque) 100 % lyonnaise, Wheobe a ouvert le bal. Un mois après leur dernier passage à Lyon pour la sortie de leur premier album A Strained Ocean, le groupe est revenu encore plus confiant sur la scène du Radiant-Bellevue.



Wheobe, Radiant-Bellevue, 04.05.26 © Méline Lutringer-Camier
À travers cet album, le groupe s’adonne à quelque chose de profondément humain et engagé, abordant des thèmes d’oppression, de colère et de résistance. Dès les premières notes de Sore, on a pu ressentir ce même engagement passionnel ; mais musical cette fois-ci. Les quatre membres tenaient à offrir une prestation marquante avec une envie presque urgente de créer, de ressentir et de transmettre quelque chose de vrai au public. Le défi fut largement relevé. Entre Ivanoé Tissot nous jouant de la guitare façon Jimmy Page (au cintre, faute d’archet), et Matthieu Mercky frappant sa batterie directement avec les mains, toute leur performance paraissait guidée par une énergie brute et une créativité débordante.
Après cette première partie électrique, les quatre artistes ont laissé place à la tête d’affiche de la soirée.Cinq mois après la release party de leur EP This Won’t Cure Your Depression, les lyonnais Send Me Love Letters étaient de retour dans leur ville natale. Heureux de jouer à la maison, le groupe est monté sur scène avec enthousiasme, une nouvelle fois prêt à se livrer au public avec une sincérité sans pareil. Face à eux, un public plus attentif que jamais ; parfois même presque silencieux, admirant simplement la beauté de ce qui se créait devant lui. Cette beauté, Send Me Love Letters y tient d’ailleurs particulièrement. Comme le nom de l’EP peut nous l’indiquer, le groupe évoque des thèmes particulièrement lourds et personnels. Cependant, le live semble être, pour les musiciens comme pour le public, la catharsis face à la solitude et la tristesse qui pèsent sur leurs chansons.



Send Me Love Letters, Radiant-Bellevue, 04.05.26 © Méline Lutringer-Camier
Après la version étendue de leur morceau Strange Desire, la démarche du groupe devient claire : monter sur scène pour transformer un sentiment de désespoir pourtant écrasant en quelque chose de profondément beau et collectif avec leur public.Finir leur set par la question si spirituelle et existentielle que celle posée dans I’ve Got No Clue What This Is All About avait presque quelque chose d’ironique ; car après tout ce que l’on venait de ressentir et partager ensemble durant ce concert, on avait justement l’impression d’avoir enfin trouvé du sens dans quelque chose de très simple : se réunir autour de la musique. Peut-être, en effet, que leur disque « won’t cure [our] depression« , mais pendant un instant dans cette salle, il nous a donné un peu de baume au cœur et mis de la lumière dans nos yeux.
Send Me Love Letters comme Wheobe nous ont offert des performances intimes et passionnelles, nous prouvant à quel point la scène lyonnaise déborde de créativité et d’authenticité. Impossible de ne pas ressortir ému(e)s de cette soirée qui était une bien belle piqûre de rappel de notre amour pour la musique, et de l’importance de se rassembler autour de l’art.

